Piet Mondrian était destiné à l'enseignement car son père aurait aimé qu'il embrassât la même carrière que lui. Le jeune Piet obtient donc deux diplômes pour l'enseignement du dessin puis, changeant d'orientation, il entre à l' Académie d'Amsterdam en 1892. La formation qu'il y reçoit est tout « académique ». Il commence à peindre dans une manière proche de l'impressionnisme, avec une palette foncée. Il peint beaucoup, vend très peu. Sa rencontre avec le peintre divisionniste Toorop a une grande influence : sa palette s'éclaircit et sa manière change. Il peint toujours des séries : les Dunes, les Tours de Westkapelle.
| Dune IV, Duin IV Huile sur carton, 33 x 46 cm La Haye, Haags Gemeentemuseum. |
Sur les conseils de ses amis et l'invitation du peintre Kickert, qui lui prête son atelier à Montparnasse, Mondrian vient à Paris. Il y arrive à la fin de 1911. Témoin de tous les mouvements qui agitent alors Paris, il est tout de suite attiré par le cubisme et se livre à des abstractions sur un thème donné : la série des Arbres. Il dépasse même l'expérience de l'abstraction au départ d'un sujet pour aboutir à une juxtaposition de lignes et de couleurs sans aucun rappel de la réalité. Ces lignes deviendront des verticales et des horizontales ; les couleurs se limiteront aux trois fondamentales, le rouge, le jaune, le bleu et occuperont des carrés ou des rectangles. | Composition with Red, Yellow and Blue 1921; Oil on canvas, 39 x 35 cm |
En 1914, il est brusquement rappelé en Hollande auprès de son père. Quinze jours plus tard la guerre éclate, lui interdisant un retour à Paris. Il continue ses recherches d'abstraction et compose ainsi une série de toiles et de dessins qu'Alfred Barr appellera les Plus et moins. En 1915, Mondrian fait deux rencontres déterminantes : le peintre Bart Van de Leck qui l'encourage dans cette voie et Theo Van Doesburg, à la fois peintre et journaliste, avec lequel il fonde la revue De Stijl. Le premier numéro paraît en octobre 1917. Mondrian y écrit de longs essais doctrinaires dans un vocabulaire philosophique, qu' il devait à une source unique, le philosophe Schoenmaeker. Réalité naturelle et réalité abstraite qu'il publie dans la revue est un des écrits de base de l'art abstrait. | Composition No. III Blanc-Jaune 1935-42; Oil on canvas, 101 x 51 cm; Christie's, New York. |
En 1921, pour le cinquième anniversaire de la revue, Theo Van Doesburg rendra hommage à Mondrian dans un éditorial : « Bien que plusieurs artistes, dans divers pays, aient travaillé consciemment et inconsciemment à élaborer une nouvelle expression plastique, c'est le peintre Piet Mondrian qui, autour de 1913, est parvenu le premier, comme une continuation logique du cubisme, à la réalisation de la nouvelle plastique en peinture. Cet acte, qui reçut les suffrages de la plus jeune génération d'artistes de Hollande, réveilla chez les peintres les plus avancés la confiance dans les possibilités d'un nouveau mode d'expression. De Stjl salue, en Mondrian, le père du néo-plasticisme. Ce terme de néo-plasticisme, Mondrian l'avait choisi pour recouvrir sa doctrine de la plastique : elle se distingue par l'usage exclusif de l'angle droit en position horizontale-verticale, ainsi que pas l'emploi des trois couleurs primaires et des « non-couleurs » blanc, noir et gris. Mondrian revient à Paris en 1919. Il habite, près de la gare Montparnasse, un atelier décoré selon ses principes néo-plastiques. En 1920, il publie à la galerie de l'Effort moderne un petit livre, le Néo-plasticisme, qui sera repris et traduit en allemand par le Bauhaus cinq ans plus tard. Il quitte Paris en 1938 à l'approche de la guerre; deux ans plus tard, il est obligé de se réfugier à New York, car Londres n'est guère plus sûr que Paris. De nombreux admirateurs l'accueillent et l'aident à vivre. Durant les deux dernières années de sa vie, libéré des obsessions qui lui faisaient multiplier les lignes noires, il supprime la couleur noire : New York City, Broadway BoogieWoogie, Victory Boogie-Woogie.. Il participe à toutes les manifestations d'art et lors de sa mort, le 1 février 1944, la presse américaine sera unanime à célébrer sa gloire. | Broadway Boogie Woogie 1942-43; Oil on canvas, 127 x 127 cm The Museum of Modern Art, New York |
| Composition n° 10 (jetée et océan) 1915; Oil on canvas, 85 x 108 cm Otterlo, Rijksmuseum Kröller-Müller. Dans ce tableau, Mondrian réduit les structures naturelles à un système linéaire abstrait. L'agencement régulier des lignes peut évoquer le mouvement rythmique des vagues. Le réseau, plus dense dans la partie supérieure, décrit vaguement un horizon et la prédominance de lignes verticales dans la moitié inférieure de la composition évoque une jetée entrant dans l'océan. Malgré ces indications, les documents de l'époque
ont intitulé ce tableau Nuit étoilée, voire Nuit de Noël. Les contemporains
de Mondrian comprenaient intuitivement la nouvelle capacité des réseaux linéaires abstraits à recevoir des interprétations diverses. |
Muséographie On peut voir des oeuvres de Mondrian dans des musées hollandais - Amsterdam, La Haye, Rotterdam, Eindhoven (Stedelijk van Abbemuseum), Otterlo (Rijksmuseurn Krôller-Müller). New York est également riche en toiles du peintre, notamment au Museum of Modern Art, ainsi qu'à la fondation Guggenheim.
| | 
AG -
27.07.2007 10:26 PM |
|