Henri MATISSE

Henri MATISSE
Dates : 1869-1934. (65 ans).
Lieux : Le Cateau-Cambrésis, Paris, Collioure,
Saint-Tropez, Nice.
Thèmes : Paysages, natures mortes, figures.
 
Henri MATISSE

 

 

A vingt ans Henri Matisse est un jeune homme chez qui rien ne laisse prévoir une vocation de peintre. Après un an d'études à l'Ecole de droit de Paris, il regagne sa province (il est né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis), et entre comme clerc d'avoué à l'étude de maître Duconseil à Saint-Quentin. Son père est marchand de grains et tout laisse prévoir qu'il lui succédera. Une appendicite, en 1890, le contraint à une longue convalescence : sur les conseils d'un voisin, il imite les modèles de chromos d'une boîte de peinture. Cette expérience et la lecture d'un traité de peinture par Goupil sont décisives. Il dit lui-même : « C'est avec le sentiment constant de l'importance de ma détermination, malgré la certitude de me trouver dans ma vraie voie, où je me sentais vraiment dans mon climat et non devant un horizon bouché comme dans ma vie précédente, que j'ai pris peur, comprenant que je ne pouvais reculer. J'ai donc foncé « tête baissée » dans le travail, avec le principe que j'avais entendu toute ma jeune vie, énoncé par ces mots : dépêche-toi. » La Nâture morte aux livres, sa première peinture, date de juin 1980.

La Gerbe.1953
Gouache découpées
294 x 350 cm
Los Angeles, Wight Art Gallery.

L'année suivante, il est à Paris où il suit les cours de l'académie Julian, il en gardera un très mauvais souvenir, et ne s'épanouira vraiment qu'à partir de mars 1895, quand il entrera dans l'atelier de Gustave Moreau à l'Ecole des beaux-arts. On sait l'influence heureuse qu'eut ce maître intelligent sur ses élèves, les guidant sans les contraindre à un académisme établi. Matisse fréquente assidûment le Louvre où il exécute de nombreuses copies : Poussin, Chardin, Ruysdael. Sa peinture personnelle reste par contre assez timide, et un de ses camarades d'atelier le qualifie de « peintre délicat, savant dans l'art du gris ». Sa rencontre avec John Russel, un ami de Rodin et de Monet lui révélera les impressionnistes. Peu à peu Matisse se laisse gagner par la magie de la couleur. Un tableau semble résumer toutes ses nouvelles conceptions : la Desserte, exposée au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1897. La toile n'eut pas grand succès et, après son mariage, il quitte Paris pour la Corse : « C'est à Ajaccio que j'ai eu mon grand émerveillement pour le Sud que je ne connaissais pas encore. » Nous sommes en 1898. La couleur pure apparaît dans ses tableaux. Gustave Moreau lui a prédit : « Vous allez simplifier la peinture. » Matisse a conscience qu'il est en train de réaliser cette prédiction et que, pour cela, il lui faut rompre avec l'Ecole des beaux-arts, où Cormon a d'ailleurs remplacé Moreau. Alors Matisse se rapproche de Marquet.

Henri Matisse devant son chevalet à Vence en 1943-44.
Musée Matisse Le Cateau Cambrésis, Nord.

La vie est dure pour les deux artistes qui se livrent à des travaux de décoration pour subsister. A l'exemple de Marquet, Matisse travaille à des croquis d'une grande économie de moyens. Il définit lui-même le principe directeur de son dessin : « Le fil à plomb, en déterminant la direction verticale, forme avec son opposé, l'horizontale, la boussole du dessinateur... je n'indique pas une courbe, par exemple celle d'une branche dans un paysage, sans avoir conscience de son rapport avec la verticale. » 1904 est pour lui une année décisive : c'est celle de sa première exposition particulière, du ler au 18 juin, chez Vollard et celle desa rencontre avec Signac. Il découvre les principes des néo-impresionnistes, qui, s'ils lui semblent parfois astreignants, lui permettront d'atteindre à une maîtrise plus raisonnée di la couleur. Matisse passe l'été 1904 à Saint-Tropez en compagnie de Signac* et de Cross. Luxe, calme et volupté, exposé au Salon des Indépendants de 1905, résume ses découvertes. L'année suivante, il passe l'été à Collioure : période de transition où-les aplats de couleur fluide succèdent au pointillisme. Les deux procédés se retrouvent parfois sur un tableau unique, Fenêtre ouverte (Collioure, 1905) - Le Bonheur de vivre, exposé aux Indépendants de 1906, synthétise les efforts de l'été. Ce tableau marque le début d'une période particulièrement féconde en chefs-d'oeuvre.

Couverture originale de Images à la sauvette. 1952.
Gouache découpée
36 cm x 57 cm
Musée Matisse Le Cateau Cambrésis, Nord.


Matisse fait figure de chef d'école la Fenêtre ouverte et la Femme au chapeau, exposées au Salon d'automne de 1905, le désignent tout naturellement comme le « roi des fauves ». Le déchaînement de la critique fait penser aux plus beaux jours de l'impressionnisme. Matisse est maintenant soutenu par un groupe d'amateurs, Marcel Sembat, les Stein. Les tableaux se succèdent : le Nu bleu, le Luxe (1906), les loueurs de boules (1908), où le fond est rythmé par des bandes de tons différents, les Baigneurs à la tortue (1908) la Desserte, Harmonie rouge (1908), la Nature morte au géranium (1910), l'Atelier rouge (1911). Pour un amateur, Stchoukine, Matisse réalise deux pendants destinés à orner l'escalier d'un palais de Moscou. Le sujet lui tenait particulièrement à coeur : ce sont la Danse et la Musique. En décembre 1908, Matisse énonce les principes essentiels du fauvisme dans ses Notes d'un peintre, publiées par la Grande Revue : « Le fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d'imitation et qu'avec les couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes, des réactions simultanées plus évidentes. Le mouvement, saisi dans son action, n'a deque si nous n'isolons pas la sensation présente de celle qui la précède, ni de celle qui la suit. » A la même époque, Matisse tente l'expérience de l'enseignement. Il ouvre un atelier qui fonctionne de 1908 à 1911 : il reçoit rapidement une centaine d'élèves, étrangers pour la plupart. Mais son message est difficile à transmettre. En même temps qu'il peint des tableaux illustrant sa recherche fondamentale qui est celle de la courbe rehaussée par la couleur, Matisse se livre à des expériences plus intellectuelles qui le conduiront aux frontières du cubisme. Ce sont les Marocains sur la terrasse (1916), les Demoiselles à la rivière (1916- 1917), la Leçon de piano (1917). A partir de 1921 Matisse s'installe définitivement à Nice. Il a un appartement dans la vieille ville. C'est alors l'enchantement de la nature méditerranéenne, de la lumière exubérante. Entre 1920 et 1930, son thème le plus constant est celui des Odalisques. Malgré la répétition du sujet, il sait éviter la monotonie, la Mauresque assise, la Pose hindoue, les Deux Odalisques jouant aux dames. Une entreprise monumentale, en 1930, vient clore cette époque paisible d'aisance et de souplesse. Le docteur Barnès propose au peintre de concevoir une vaste décoration murale pour la salle destinée à abriter ses collections.

Henri Matisse, un vase de Pablo PICASSO et le doigt de Tériade
dans la maison de Tériade à Saint-Jean-Cap-Ferrat, juin 1951.
Musée Matisse Le Cateau Cambrésis, Nord.

Le thème choisi est celui de la Danse. Il en existe un premier état conservé au Petit Palais. Après 1930, commence pour Matisse une nouvelle période de recherches, d'expériences et de travail intense. En 1932, à la demande de Skira, il réalise vingt-neuf eauxfortes pour l'illustration des Poésies de Mallarmé. C'est son premier essai dans ce domaine : il y réussit d'une façon magistrale. Par la suite, il illustrera une dizaine de livres : en 1941, les Amours de Ronsard et Pasiphaé (1944) de Montherlant. Puis les Fleurs du Mal (1947), et les Poèmes de Charles d'Orléans (1950). Parallèlement à cet oeuvre 'dessiné Matisse poursuit la peinture de chevalet. Il emploie des tons purs qu'il mêle dans une harmonie violente. La couleur dépasse en intensité ce qu'il avait réalisé jusqu'à présent : la Blouse roumaine (1940), Nature morte à l'ananas (1941), Nature morte au magnolia (1941). En 1941, une assez grave opération intestinale l'oblige à délaisser un peu la peinture : il se consacre alors à des papiers gouachés qu'il découpe et
colle. Matisse dit lui-même : « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. » Cette série de compositions sera regroupée dans l'album de « jazz » en 1947. Au cours des années 1947 et 1948, Matisse exécute une nouvelle série de tableaux avant de se consacrer à la chapelle du Rosaire de Vence : Intérieur au rideau égyptien, la Branche de prunier, Fond vert, le Grand Intérieur rouge. « je veux que ceux qui entreront dans ma chapelle se sentent purifiés et déchargés de leur fardeau. » La chapelle de Vence est l'aboutissement de l'oeuvre de Matisse. Le 3 novembre 1954, il meurt à Nice. Il est enterré au cimetière de Cimiez.

 

Muséographie

Tous les grands musées d'art moderne possèdent des toiles de Matisse : Luxe, calme et volupté se trouve à Copenhague (Statens Museum for Kunst), la Danse et la Musique à Moscou (musée Pouchkine).
A Paris, le musée national d'Art moderne possède la Blouse roumaine, Nature morte au magnolia. Matisse figure également dans nos musées de province : Albi, Bagnols-sur-Cèze, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montélimar, Montpellier, Nice, Reims, Saint-Tropez. Matisse a lui-même donné au Cateau (sa ville natale) une série de dessins, lithographies, gravures et sculptures, constituant un véritable musée Matisse.


Henri MATISSE, biographie : Artiste peintre Henri MATISSE / Natures mortes, portraits, paysages, figures, odalisques, rosaire de vence
AG - 27.07.2007 10:25 PM
 
Henri MATISSE, biographie : Artiste peintre Henri MATISSE / Natures mortes, portraits, paysages, figures, odalisques, rosaire de vence