paul cezanne
Paul CEZANNE
Dates : 19 janvier 1839 - 22 octobre 1906 (67 ans).
Lieux : Paris, Aix-en-Provence, l' Estaque, Auvers-sur-Oise.
Thèmes : Paysages, portraits, natures mortes.
 
Paul CEZANNE



« Le monde ne me comprend pas et moi je ne comprends pas le monde. C'est pourquoi je me suis retiré »,
dira tristement Cézanne à la fin de sa vie.
Le drame du peintre fut cette incompréhension permanente qui devait commencer dans sa propre famille.

Musée de Tokyo
Musée d'Orsay

 

Paul Cézanne naît le 19 janvier 1839 à Aix-en-Provence. Son père est un personnage extraordinaire : né de parents pauvres, il réussit à devenir propriétaire d'une chapellerie, puis, ses affaires étant florissantes, à fonder une banque locale en 1848. La forte personnalité de ce père allait avoir une grande influence sur le caractère du jeune Paul, lui créer certains complexes et le maintenir dans un état de soumission.

Les pommes et Oranges

 

Cézanne fit ses études au collège Bourbon, qu'il quitta en 1858 avec son baccalauréat, et s'y lia d'une grande amitié avec Emile Zola, son condisciple. Un passage à la faculté de droit ne se révélait pas concluant et M. Cézanne père dut se rendre à l'évidence - Paul, seul garçon des trois enfants, ne lui succéderait pas à la banque, Depuis l'âge de seize ans, il suivait des cours de dessin et peignait ; dernièrement, au «Jas de Bouffan », que sa famille venait d'acquérir, il avait installé son premier atelier. D'autre part, l'ami Zola était à Paris où il désirait devenir écrivain et pressait Paul de l'y rejoindre. Après bien des atermoiements, Cézanne se décide et arrive à Paris en avril 1861.

Musée d'Edimbourg
Montagne Ste Victoire des jardins de lauves


Là, au bout de quelques mois, il connaît une crise de découragement à la suite de son échec à l'École des beauxarts ; il est refusé avec cette appréciation : « Tempérament de coloriste. Par malheur, Cézanne peint avec excès. »
De retour à Aix, il continue à peindre et à dessiner. Il décore le jas de Bouffan de quatre grands panneaux muraux, les Quatre Saisons, qu'il s'amuse à signer Ingres.
Au mois de novembre 1862, la curiosité le pousse de nouveau à Paris. Et, après plusieurs années, il quittera la capitale sur une déception pour y revenir quelques mois plus tard. En fait, il ne se plaît nulle part, car il ne se plaît pas à lui-même, Il est dans un état de lutte constante, aussi bien contre lui-même que contre les autres. Il cache sa timidité et ses hésitations par des crâneries et des manières qu'il veut vulgaires. Introduit par Zola auprès des futurs impressionnistes, qui se réunissaient au café Guerbois, il se plaît à scandaliser Manet* qu'il trouve trop distingué. Quand ce dernier lui demande : « Et que préparez-vous pour le Salon, monsieur Cézanne? - Un pot de ni... ! » répond-il.

Il est évidemment refusé à tous les Salons. Durant toute cette période, jusqu'en 1870-1872, il fait une peinture que lui-même qualifie cyniquement de façon ordurière, peinture violente et sombre, romantique et baroque. La pâte est épaisse, travaillée au couteau, les fonds sombres sont troués de blancs purs. C'était ce que Monet* appelait de la « peinture sale » - l' Enlèvement, la Tentation de saint Antoine, le Nègre Scipion, la Madeleine, Une moderne Olympia, un portrait d'Achillee Emperaire témoignent de cette période où il disait de lui - « je suis un intense, moi. »
Au début de la guerre de 1870, Cézanne, peu soucieux de répondre à l'ordre de mobilisation, s'installe
à l'Estaque, bourgade proche de Marseille, avec une jeune femme, Hortense Fiquet. Là, il travaille dans le calme et la solitude à des toiles comme la Neige fondante à l'Estaque, qui marquent la fin de sa première période.
La transformation décisive de sa manière date de 1872.

Musée Metropolitan



Après la naissance de son fils Paul le 4 janvier, il s'installe à Auvers-sur-Oise, auprès de Pissarro dont il écoute les conseils : « Ne peins jamais qu'avec les trois couleurs primaires et leurs dérivés immédiats. » Pissarro l'encourage, le félicite et l'aide à participer à la première exposition des impressionnistes en 1874- Il y a là Monet, Renoir, Degas, Sisley, Morisot, Guillaumin et Pissarro. Cézanne présente quelques toiles qu'il vient d'achever à Auvers, en particulier la Maison du pendu (au musée du Louvre). On connaît l'accueil déplorable de cette exposition. L'Aixois, encore plus malmené que les autres peut-être, traité d'« espèce de fou, agité en peignant du delirium tremens », est très affecté. Heureusement, il fait la connaissance de l'amateur Victor Chocquet, qui deviendra un admirateur, un ami et plusieurs fois un modèle.

Entre cette exposition de 1874 et celle de 1877, à laquelle il participera, la peinture de Cézanne évolue. Elle s'éloigne de l'impressionnisme, des petites touches, des jeux de lumière éphémères. Ses tableaux sont plus rigoureux, plus construits. Il est convenu maintenant que l'art de Cézanne relève du classicisme, mais sa conception de l'espace avait à l'époque quelque chose de révolutionnaire. Il n'a pas recours aux effets de perspective traditionnels, transformation dégradée de la couleur ou lignes obliques du dessin.
En 1877, Cézanne décide de participer à l'exposition des impressionnistes. Ses camarades, reconnaissant son talent, attribuent la meilleure salle à ses quinze toiles. Cette seconde expérience est plus désastreuse que la première :

Les pommes de Cézanne


Paul Cézanne, ulcéré, décide de ne plus participer aux prochaines expositions impressionnistes. Seule l'entrée d'un de ses tableaux au « Salon de Bouguereau », comme il l'appelle, pourrait contenter son orgueil ingénu. Mais le jury écarte systématiquement tous ses envois. En 1882, il se résout à demander à son ami Guillemet, qui fait partie du jury, de le faire recevoir « pour la charité » (chaque membre du jury pouvait repêcher une toile refusée). Personne ne remarque sa toile, un portrait, et un critique écrit : « L'ombre de l'orbite et celle de la joue droite promettent un coloriste dans l'avenir. » Quelle dérision ! Cézanne décide alors de quitter Paris : « L'isolement, voilà ce dont je suis digne. » Il s'installe en Provence, et ne se déplace que pour répondre à quelques invitations choisies. En mars 1886, Zola publie l'oeuvre, histoire d'un peintre raté. Il n'a pas hésité à prendre Cézanne comme modèle, car il ne croit plus au talent de son ami d'enfance. Une brouille entre les deux hommes s'ensuit, définitive. A partir de 1890, Cézanne souffre de diabète ; son caractère ne s'en trouve pas amélioré. Il est irascible, plein de brusqueries. Sa production, par contre, à partir de cette époque est parfaitement équilibrée : la Commode, les Trois Garçons au gilet rouge, les portraits de Madame Cézanne, la série des Joueurs de cartes (cinq toiles), l'Homme à la pipe, les Montagnes Sainte-Victoire, les Baigneurs et Baigneuses, thème qu'il reprendra jusqu'à une dizaine de fois. A Paris, on commence à parler de lui : une de ses oeuvres figure à l'Exposition universelle de 1889 grâce à l'intervention de Chocquet. En 1891, Emile Bernard lui consacre une des livraisons d'Hommes d'aujourd'hui publiée par la librairie Hachette. Enfin, en 1895, Ambroise Vollard lui organise une grande exposition de cent cinquante toiles. Cézanne, en Provence, reste assez indifférent à ce subit intéret.

Il est méfiant et dit parfois : « Ils préparent un coup. » La gloire venait trop tard. Il se fait construire un atelier à Aix, chemin des Lauves ; des jeunes gens viennent lui demander conseil. Malgré ce triomphe, il continue de travailler avec ardeur et jure qu'il mourra à la tâche. Effectivement, le 15 octobre 1906, il est surpris par un orage alors qu'il peint en plein air. Il prend froid et s'évanouit sur le chemin du retour. Ramené chez lui, il ne se remet pas et meurt le 22 octobre après avoir reçu les sacrements. Dans les dernières années de sa vie, Cézanne eut conscience du rôle important qu'il allait jouer dans la future peinture - «Je suis, disait-il, le primitif d'un art nouveau. » Il n'est pas un peintre de nos jours qui ne lui soit redevable. « Nous sommes tous partis de Cézanne », diront Braque*, Léger*, Jacques Villon, en 1953. Le fauvisme et le cubisme étaient déjà contenus dans ses toiles. Cézanne, c'est « le bon Dieu de la peinture », comme se plaira à l'appeler Matisse, ce qui est un bel hommage.

Portrait de Caillebote par Cézanne

Portrait de Victor Choquet par Cézanne

 

Muséographie

Il reste actuellement 8oo toiles de Cézanne, auxquelles il faut ajouter environ 7oo aquarelles et dessins. La plupart des grands musées en possèdent. Un bel ensemble est réuni par le Louvre au musée du jeu de paume (la Maison du pendu, la Mer à l'Estaque).


Paul Cézanne, biographie : Artiste peintre Paul Cézanne / Impressionnisme, Impressioniste
AG - 27.07.2007 10:12 PM

 

 
 
 
 
 
Paul Cézanne, biographie : Artiste peintre Paul Cézanne / Impressionnisme, Impressioniste